[361]: Sur la correspondance du général Bugeaud avec M. Guizot, voyez les Mémoires de ce dernier, t. VI, p. 387 et suiv., et t. VII, p. 135 et suiv.

[362]: Lors de l'envoi du général Bugeaud en Algérie, il lui avait donné les instructions suivantes: «Prendre une offensive hardie; faire une guerre énergique, poussée à fond, en vue d'amener l'entière soumission des Arabes et de préparer les voies à la colonisation qui, seule, après la conquête, peut nous maintenir en possession du territoire soumis par nos armes.»

[363]: Quelque temps après, le général Bugeaud écrivait à M. de Corcelle: «Votre lettre m'a renforcé dans l'opinion que vous êtes bien l'homme le plus loyal et le plus généreux qu'il y ait au monde.» (Documents inédits.)

[364]: Lisez, par exemple, dans le Moniteur algérien du 25 décembre 1843, un article de trois colonnes, signé: Un touriste. C'est la prétendue conversation du «touriste» avec un officier qui lui démontre comment la guerre était nécessaire et comment elle n'avait pu se faire qu'avec des razzias. Le touriste était arrivé plein de préventions contre «ces barbares razzias, condamnées par tous les philanthropes et par toutes les âmes sensibles en France». L'officier lui répond: «Qu'est-ce que la guerre en Europe et partout? N'est-ce que la destruction des armées belligérantes? Non, c'est aussi une attaque aux intérêts des peuples... On s'empare des grandes villes, des centres de population et de commerce, de la navigation des fleuves et des grandes routes; à la première guerre, on s'emparera des chemins de fer. C'est en mettant la main sur tous ces grands intérêts que l'on fait capituler les nations et qu'on fait la guerre. Avions-nous des intérêts semblables à saisir en Afrique? Les villes, fort clairsemées, ne sont que de misérables bourgades dont les habitants sont étrangers au peuple arabe, qui les méprise; point de routes, point de navigation, point de capitale, point de centre enfin... L'intérêt agricole, que l'on néglige en Europe, est le seul vraiment que l'on puisse blesser en Afrique. Il y est plus difficile à saisir que partout ailleurs; car on ne trouve, chez les Arabes du moins, ni villages ni fermes; ce peuple vit sous la tente, et toutes ses richesses mobilières peuvent être transportées par les bêtes de somme dont il dispose... Dès que nos colonnes se mettaient en mouvement, le vide s'opérait devant nous: les villages se chargeaient sur les chameaux, les mulets, les bœufs, et fuyaient avec les femmes et les enfants... Il nous a fallu longtemps pour agir de manière à atteindre les populations fugitives. Nous l'avons pu enfin, et, de ce moment, vous avez vu commencer et progresser la pacification. C'est donc à la razzia, qui vous faisait horreur, que nous devons tous nos progrès, particulièrement cette sécurité qui vous a permis de visiter si paisiblement une grande partie de l'Algérie.» Suivait une comparaison entre la razzia algérienne et le bombardement européen, tout à l'avantage de la première, présentée comme beaucoup moins cruelle. Naturellement, le touriste finit par se déclarer convaincu et un peu honteux des critiques qu'il avait faites. «Je fis des excuses à l'officier, dit-il, et lui promis que la loyauté et l'humanité de l'armée d'Afrique n'auraient pas de plus ardent défenseur que moi.»—Peu après, le 28 avril 1844, le maréchal Bugeaud écrivait à M. de Corcelle: «Je ne puis pas me résoudre à ménager la sottise de nos philanthropes; je leur ai prouvé, dans le Moniteur algérien du 25 décembre, que la razzia était un moyen de guerre indispensable... S'ils ne veulent pas me comprendre, tant pis pour eux, car cela prouve qu'ils sont des sots.» (Documents inédits.)

[365]: Lettre du 27 juillet 1843. (Documents inédits.)

[366]: Lettres du 8 juillet et du 28 septembre 1845. (Documents inédits.)

[367]: Cette conversation a été rapportée par M. Lapasset, qui y assistait. (Le Maréchal Bugeaud, par M. d'Ideville, t. III, p. 46 et 47.)

[368]: Lettre du 14 mars 1844. (Documents inédits.)

[369]: Ce fait m'a été rapporté par M. de Corcelle, qui était l'un des convives.

[370]: Lettres d'un soldat, p. 316.