Si le cabinet consentait à se séparer, pour l'avenir, du maréchal Bugeaud, ce n'était pas qu'il méconnût ses services dans le passé. Le 9 juin 1847, à la tribune de la Chambre des députés, M. Guizot saisit l'occasion du débat sur les crédits extraordinaires pour célébrer de nouveau ces services. À considérer aujourd'hui les choses de loin et de haut, on ne peut que confirmer l'hommage rendu par M. Guizot à l'illustre maréchal. Quels qu'aient pu être alors les tâtonnements de la colonisation et les lacunes de l'administration civile, l'œuvre accomplie par Bugeaud apparaît singulièrement grande et suffit à sa gloire. C'est pendant les six années de son gouvernement que les Arabes ont été vaincus et soumis. Il a fait ce qu'auparavant nul n'avait pu faire, et si, après lui, plusieurs ont beaucoup fait, nul n'a fait autant que lui. Son nom demeure le plus éclatant et le plus considérable de notre histoire algérienne.
FIN DU TOME SIXIÈME.
TABLE DES MATIÈRES
LIVRE VI
L'APOGÉE DU MINISTÈRE CONSERVATEUR.
(De la fin de 1845 au commencement de 1847.)
Pages.
Chapitre premier.—les élections de 1846 (fin de 1845-août 1846) [1]
I. Bonne situation du ministère à la fin de 1845. M. Thiers unit le centre gauche à la gauche. Le National et la Réforme. [1]
II. L'opposition dans la session de 1846. Débats sur les affaires du Texas et de la Plata. [4]
III. L'opposition crie à la corruption. Défense du ministère. Qu'y avait-il de fondé dans ce grief? [7]
IV. La campagne contre le pouvoir personnel. Débat sur ce sujet entre M. Thiers et M. Guizot. La majorité fidèle au cabinet. [13]