[79]: M. Saint-Marc-Girardin a écrit à ce propos: «Si la France a laissé faire le mal en 1848, cela a pu venir en partie de la démoralisation du goût public. Comme on avait approuvé l'orgie dans les romans, on s'est trouvé faible, pendant quelque temps, contre ceux qui voulaient faire une orgie dans la société.» (Cours de littérature dramatique, t. I, p. 374.)

[80]: Voir, au tome I, le chapitre sur le Saint-Simonisme.

[81]: De l'égalité (1838). Réfutation de l'éclectisme (1839). Malthus et les économistes. De l'humanité (1840).

[82]: Béranger, qui aimait Pierre Leroux, écrivait de lui, le 20 janvier 1840: «Il faut que vous sachiez que notre métaphysicien s'est fait un entourage de femmes à la tête desquelles sont mesdames Sand et Marliani, et que c'est dans des salons dorés, à la clarté des lustres, qu'il expose ses principes religieux et ses bottes crottées. Tout cet entourage lui porte à la tête, et je trouve que sa philosophie s'en ressent beaucoup.»

[83]: À cette époque, Proudhon écrivait: «George Sand est tout à fait entré dans nos idées.» (Correspondance de Proudhon, t. II, p. 160.)

[84]: L'Européen, interrompu à la fin de 1832, fut repris en 1835 et continué, sans grande régularité, jusqu'en 1838. Il se distribuait à 500 exemplaires, mais ne comptait guère que 100 abonnés.

[85]: Buchez avait inspiré à un jeune artiste de ses élèves un dessin du Christ prêchant la fraternité au monde, dans lequel il prétendait résumer sa doctrine. Le Christ est porté sur un globe où est écrit le mot France; il foule aux pieds le serpent de l'égoïsme et tient à la main une banderole où on lit Fraternité. Deux anges, coiffés du bonnet phrygien, l'accompagnent, et sur leurs auréoles brillent les noms de Liberté, Égalité. La Liberté tire un glaive; l'Égalité porte un livre ouvert, avec ce texte: Aimez votre prochain comme vous-même et Dieu par-dessus tout. Que le premier parmi vous soit votre serviteur. Détail significatif: sur la gravure, œuvre d'un autre buchézien, on a effacé ces mots: et Dieu par-dessus tout. (Vie du Révérend Père Besson, par E. Cartier, t. I, ch. II.)

[86]: M. Ozanam raconte, dans une lettre écrite de Lyon, le 26 août 1839, au Père Lacordaire, qu'un catholique influent de cette ville, jusqu'alors légitimiste, avait été mis en rapport, durant un voyage à Paris, avec les amis de Buchez. «Il admira la pureté de leur religion, ajoute Ozanam, conçut un véritable enthousiasme pour leurs personnes, et, de retour ici, il propagea ses nouveaux sentiments, et voici qu'une douzaine de nos plus dévoués absolutistes sont abonnés au National.» (Lettres d'Ozanam, t. I, p. 303.)

[87]: Le premier numéro de l'Atelier contenait la note suivante: «L'Atelier est fondé par des ouvriers, en nombre illimité, qui en font les frais. Pour être reçu fondateur, il faut vivre de son travail personnel, être présenté par deux des premiers fondateurs, qui se portent garants de la moralité de l'ouvrier convié à notre œuvre. Les hommes de lettres ne sont admis que comme correspondants. Les fondateurs choisissent, chaque trimestre, ceux qui doivent faire partie du comité de rédaction.»

[88]: Vie du Révérend Père Besson, par M. Cartier, et Vie du Père Lacordaire, par M. Foisset.