[259]: En rendant compte des conversations d'Eu, en septembre 1845, M. Guizot dit «qu'il avait été entendu et reconnu par lord Aberdeen qu'aucun prince étranger à la maison de Bourbon ne serait soutenu par le gouvernement anglais comme prétendant à la main de la Reine ou de l'Infante». Et il ajoute: «Notre sécurité à cet égard était évidemment la condition de notre renonciation à toute prétention pour les fils du Roi.» De même, dans le memorandum du 27 février 1846, notre gouvernement avait indiqué qu'il se regarderait comme libre de tout engagement, si le gouvernement anglais poussait au mariage du prince de Cobourg soit avec la Reine, soit avec l'Infante.
[260]: Le roi Louis-Philippe écrivait à la reine des Belges, le 14 septembre 1846: «En adhérant à la garantie que lord Aberdeen prenait contre la stérilité de la Reine, je devais considérer comme entendu qu'il n'y aurait plus d'objections de la part de l'Angleterre à ce que mon fils épousât l'Infante.»
[261]: Revue rétrospective.
[262]: Les historiens anglais eux-mêmes, si longtemps acharnés à contester la bonne foi du gouvernement français, commencent à changer de ton. Ainsi l'auteur de la Vie récemment publiée de lord John Russell, M. Spencer Walpole, reconnaît que Louis-Philippe, en voyant le nom de Cobourg dans les instructions du 19 juillet, était fondé à croire que les Anglais manquaient à leurs engagements, et qu'il était par suite libéré des siens. Il ajoute: «L'excuse habituelle, invoquée par lord Palmerston, est qu'en nommant le prince Léopold, il constatait un fait, sans énoncer une politique. L'excuse est inadmissible pour qui a comparé la correspondance privée de Palmerston avec ses dépêches publiques.»—Il dit encore plus loin: «Lord Palmerston et Bulwer travaillaient à faire le mariage dont Louis-Philippe ne voulait pas, et complotaient contre le mariage qu'il désirait.» (The Life of lord John Russell, t. II, p. 2 et 3.)
[263]: Sur les sentiments et les démarches de Bulwer, voir The Life of Palmerston, par Bulwer, t. III, p. 193 et suiv., et The Life of lord John Russell, par Spencer Walpole, t. II, p. 3.
[264]: Plus tard, après son échec, lord Palmerston regrettera de n'avoir pas suivi les conseils de Bulwer. «C'est vous qui aviez raison, lui écrira-t-il le 12 septembre 1846; nous aurions dû tout de suite et hardiment adopter Cobourg et le faire triompher en bravant la France.» (The Life of Palmerston, par Bulwer, t. III, p. 246.)
[265]: «Je n'ai point élevé d'objections, écrivait M. Bresson le 9 août 1846; j'ai seulement fait observer qu'il y avait des conditions préliminaires indispensables à régler.»
[266]: Lettres du 9 et du 16 août 1846.
[267]: Sur ce qu'étaient ces pouvoirs, se rappeler notamment la lettre de M. Guizot, en date du 10 décembre 1845. (V. plus haut, p. [166].)
[268]: Correspondance de l'envoyé sarde à Madrid. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1843, t. II, p. 631.)