Mon cœur m’a conseillé de telles solitudes
Et j’ai placé si haut mes jardins suspendus
Que mes suprêmes fleurs n’attendent que la foudre
Et qu’en dépit des pleurs des mortels les plus beaux,
A mes roses, la main qui touche tombe en poudre ;
Mes plus chers souvenirs bâtissent des tombeaux !
Qu’ils sont doux à mon cœur les temples qu’il enfante
Quand tiré lentement du songe de mes seins
Je vois un monument de masse triomphante
Joindre dans mes regards l’ombre de mes desseins !