[2]L'importance philosophique de ce raisonnement a été, pour la première fois, mise en évidence par M. Poincaré dans un article récent.
[3]Voir dans le Traité de la peinture, la proposition CCLXXl. «Impossibile che una memoria possa riserbare tutti gli aspetti o mutationi d'alcun membro di qualunque animal si sia... E perche ogni quantità continua è divisibile in infinito...» il est impossible qu'une mémoire puisse retenir tous les aspects d'aucun membre de n'importe quel animal. Démonstration géométrique par la divisibilité à l'infini d'une grandeur continue.
Ce que j'ai dit de la vue s'étend aux autres sens. Je l'ai choisie parce qu elle me paraît le plus spirituel de tous. Dans l'esprit, les images visuelles prédominent. C'est entre elles que s'exerce le plus souvent la faculté analogique. Le terme inférieur de cette faculté qui est la comparaison de deux objets peut même recevoir pour origine une erreur de jugement accompagnant une sensation peu distincte. La forme et la couleur d'un objet sont si évidemment principales qu'elles entrent dans la conception d'une qualité de cet objet se référant à un autre sens. Si l'on parle de la dureté du fer, presque toujours l'image visuelle du fer sera produite et rarement une image auditive.
[4]Sans toucher les questions physiologiques, je mentionne le cas d'un individu atteint de manie dépressive que j'ai vu dans une clinique. Ce malade, qui était dans l'état de vie ralentie, reconnaissait les objets avec une lenteur extraordinaire. Les sensations lui parvenaient au bout d'un temps considérable. Aucun besoin ne se faisait sentir en lui. Cette forme, qui prend parfois le nom de manie stupide, est excessivement rare.
[5]Edgar Poe, sur Shakespeare (Marginalia).
[6]Si l'on éclaircit pourquoi l'identification à un objet matériel paraît plus absurde que celle à un objet vivant, on aura fait un pas dans la question.
[7]Ce mot n'est pas ici au sens des mathématiciens. Il ne s'agit pas d'insérer dans un intervalle un infini dénombrable et un infini indénombrable de valeurs; il ne s'agit que de l'intuition naïve, d'objets qui font penser à des lois, des lois qui parlent aux yeux. L'existence ou la possibilité de choses semblables est le premier fait, non le moins étonnant, de cet ordre.
[8]Voir la description d'une bataille, du déluge, etc., au Traité de la peinture et dans les manuscrits de l'Institut. (Ed. Ravaisson-Mollien.) Aux manuscrits de Windsor se voient les dessins des tempêtes, bombardements, etc.
[9]Croquis dans les manuscrits de l'Institut.
[10]Voir le manuscrit A, Siccome la pietra gittata nell'acqua..., etc.; voir aussi la curieuse et vivante Histoire des Sciences mathématiques, par G. Libri, et l'Essai sur les ouvrages mathématiques de Léonard, par J.-B. Venturi. Paris, an V (1797).