Il s’est montré spécialement aimable à mon égard:

«—Quelle jolie robe vous avez, mademoiselle! a-t-il daigné me déclarer. N’est-elle pas faite à la machine?»

Pour l’honneur du commerce français, j’ai répondu, avec une belle révérence de cour, que la robe était entièrement faite à la main.

Mes camarades sont ravies de la présentation à cette Altesse impériale qui est célèbre à la cour, mais que l’on voit trop rarement aux représentations françaises. Nous sommes en pleine saison des grands-ducs.

Dimitri est regardé avec curiosité et sympathie. Nous admirons toutes sa silhouette élégante, sa distinction. Il est très jeune, mais je suis frappée de sa pâleur.

Son amabilité est réelle, mais on dirait, à voir ses yeux, que sa pensée est ailleurs. Il s’arrête un long moment encore, pour me parler, comme s’il y prenait un particulier plaisir. Il a fait signe aussi à Renée Baltha, qui vient de jouer avec moi, et, brusquement, le grand-duc nous demande:

«—Voulez-vous venir souper ce soir avec moi, toutes les deux?»

Sa voix est sèche et l’intonation me surprend.

Il ajoute:

«—Je donne à souper au Palais de marbre...»