Comme j’imagine qu’il doit y avoir foule au ministère pour obtenir des autorisations de ce genre, je me résigne d’aller voir audacieusement Lounatcharsky, commissaire des théâtres de l’État.

Peut-être voudra-t-il m’aider à sortir mes fonds de la banque.

13 janvier.

Au comptoir des théâtres, où Lounatcharsky est commissaire, puissant souverain, une foule attend.

Il y a du monde partout, dans les couloirs, dans les escaliers. Je suis armée, heureusement, d’une immense patience.

Un employé me demande mon nom et l’inscrit sur une longue liste.

On doit attendre, en effet. Ici chacun passe à son tour. C’en est fini du recours traditionnel autrefois du pourboire.

Les bolcheviks ont supprimé le pourboire, lui qui était un des rouages essentiels de la vie russe.

Ils estiment dégradant ce moyen de corruption inventé par les bourgeois.

Ils n’ont peut-être pas, là, tout à fait tort.