Cette paix est un désastre pour la Russie. Il faut même s’incliner devant les Turcs et leur rendre Batum, Kardakghan et Kars, ces districts conquis dans la dernière guerre. J’apprends que c’est Sokolnikoff qui a signé la paix de Brest, le même qui m’a demandé «Parlez-vous allemand?».

6 mars.

Nous sentons que le théâtre Michel n’en a plus pour longtemps. Il y a trop de «bochisme» dans Petrograd pour qu’une troupe française soit tolérée longtemps.

Nous tiendrons, pourtant, jusqu’au bout.

Nous avons même, hier, eu l’audace—le mot ne me paraît pas excessif—de jouer... en plein régime bolchevik et au milieu de l’envahissement allemand, l’Élévation, d’Henri Bernstein.

Belle représentation au point de vue artistique, et où chacun jouait, on peut le dire, de toute son âme.

Mais le public n’a pas vibré.

Pas par hostilité. Certes.

Ennui! Indifférence. L’apathie slave, encore.

Il y a trop de Russes, maintenant, et trop peu de Français dans l’assistance.