Nous avons eu treize rappels et des fleurs, oui, des fleurs rares, poussées en des forceries mystérieuses et que des mains pieuses ont su trouver pour nous les lancer, anonymes et touchants envois, sur la scène...

A la fin du dernier acte, lorsque Frédéric a lancé son cri déchirant:

«Regarde à cette fenêtre et vois si l’on ne meurt pas d’amour.» au milieu des bravos qui crépitaient, un cri, un cri formidable a monté:

Vive la France!

. . . . . . . . . . .

Ainsi disparaît la dernière manifestation de propagande française.

15 mars.

Les journaux—bien entendu rien que des journaux favorables au bolchevisme—racontent que l’on vient d’envoyer à Perm, en Sibérie, le grand-duc Michel, le frère du tsar, celui que Nicolas II avait désigné comme son successeur.

Michel s’était retiré à Gatchina, près de Petrograd, où il vivait paisiblement.

Sur l’ordre de Smolny, la garde rouge est venue le chercher. Il a dû partir sans qu’on lui ait même donné le temps de mettre un pardessus. Cruauté bien inutile. On a toléré seulement qu’il emmène avec lui son secrétaire, un Anglais dévoué qui ne le quitte jamais.