Rédaction définitive. Plusieurs cahiers de cet exemplaire ont été enlevés, et entre autres tous ceux qui comprenoient les deux derniers livres de la vie de Charlemagne et la première partie de celle de Louis-le-Débonnaire. Le deuxième volume s'arrête au 22e chapitre du livre II du règne de Philippe-Auguste.
Début : « Cil qui ceste œuvre commença, a tous ceulx qui ceste histoire liront salut en nostre Seigneur. Pour ce que pluseurs gens se doubtoient de la genealogie des roys de France, de quel original et de quel lignie il sont descendus. Emprist ceste euvre a faire par le commandement de tel homme que il ne pot ne ne dut refuser. Mais pour ce que sa lettreure et la simplete de son engin ne souffist mie a traitier de euvre si haulte hystoire, etc. »
Fin : « Tant dura lassault le paleteiz et le lanceiz des engins que XV jours apres furent les murs fraiz et craventes et le chastel pris. Mais au prendre ot grant pongneiz et fort la furent pris XXXVI chevaliers sans le nombre des sergens et des arbalestiers a ce siege furent mort quatre chevaliers. »
No 8300 3 3.
Un volume in-folio, vélin, à deux colonnes ; fin du XVe siècle ; relié en maroquin rouge, aux armes de France sur les plats, provenant de l'ancienne bibliothèque de Colbert. Les écus qui entourent la miniature placée au commencement annoncent que le volume a été exécuté pour la librairie du roi de France.
Cette leçon est celle que nous voyons plusieurs fois désignée dans les anciens catalogues sous le nom de Chroniques abrégées. Tout en suivant en général la substance des Chroniques de Saint-Denis, elle en supprime une partie, et quelquefois elle étend le récit ou le modifie. C'est ainsi que pour le douzième siècle et le treizième, elle emprunte beaucoup de circonstances nouvelles au précieux monument historique publié dernièrement par mon frère, Louis Paris, bibliothécaire de la ville de Reims, sous le nom de Chronique de Reims. Il sera donc nécessaire de jeter les yeux sur les Chroniques abrégées quand on voudra comparer tous les témoignages du même fait.
Pour le passage relatif à l'amour de Thibaut, les Chroniques abrégées qui l'ont admis ont même ajouté les lignes de la Chronique de Reims contre lesquelles s'est tant élevé La Ravaillière dans son édition des Chansons du roi de Navarre. Les voici : « Le conte envoya des plus grans hommes de son conseil pour requérir paix et amour. Quant la royne Blanche le sceut, si manda le roy de Navarre qu'il venist parler à elle et elle luy feroit sa paix. Et il y vint sans aucun délai. Et ainsi comme il entra en la salle a Paris, il fu appareillié qui le fery d'un fromage en faisselle, par le conseil au conte d'Artois qui onques ne l'ayma. Et le roy de Navarre s'en ala tous embrouez devant la royne, et lui dist que ainsi avoit esté atornez en son conduit. Quant la royne le vit si lui en pesa et commanda que cils fust pris qui ce avoit fait, etc. »
Je pense que les Chroniques abrégées ont été rédigées avant la fin du règne de Charles V ; on les aura poursuivies à mesure de la continuation de l'ouvrage original.
Début : « Cy commancent les croniques des rois de France. — A tous ceulx qui ces présentes croniques ou histoires liront ou orront. Pourra apparoir la genealogie des roys de France. De quel lignee ils sont descenduz selon les croniques de l'abbaye monseigneur Saint-Denis en France. Si peut chascun savoir que ceste chose est moult honnorable et proufitable pour congnoistre aux roys et aux princes qui ont terres a gouverner, etc. »
Fin : « Et sen alerent aucuns et en emmenerent grant foison de biens. »