IX
BOURDËSCÂDO
Car je languis d’amour.
La Bible.
Depuis que Dina avait reçu la lettre d’Aymar, elle était moins inquiète, mais non moins agitée; et, le lendemain, sur le vêpre, elle dit à son père:—Je sors visiter Elisabeth, mon amie; je reviendrai bientôt.—Cette sotte mentait, car elle était peu disposée à la société, à la causerie; pour songer à son aise et voir le ciel comme elle disait, seule, elle s’en fut errer sur les rives de la Saône; imprudente!...
Son futur devait arriver après deux ou trois jours. Que de jolis rêves ne dut-elle pas faire, qui bercent plus que la solitude!
Un peu en-deçà de l’Ile-Barbe, un passeur était assis sur la proue de sa bèche, espèce de barque abritée sous des toiles ou pavois, comme une gondole.
Une fantaisie s’empara subitement de Dina.
—Batelier, dit-elle en s’approchant, j’ai bien envie de voguer sur cette belle eau, mais je suis seule.