—Vous me donnez le choix des armes.
—Vous aussi vous avez un point d’honneur? Tout s’en mêle. Vous jouez au soldat; mon enfant, vous voulez faire le ferrailleur. Vous tombez mal et bien, vous ferez avec moi un rude apprentissage!
—Assez de ce ton de protectorat, vous me faites pitié, tout sabreur que vous êtes.
—Triple escadron! le calicot s’insurrectionne.
—Ne m’approchez pas, monsieur le carabinier, vous puez l’écurie!
—Gringalet! si je ne me retenais à quatre, je te souffletterais de ma botte!
—Regardez-moi bien, croyez-vous que je tremble? Un homme vaut un homme; ignorez-vous ce que peut la volonté?—Votre empereur, dont frissonnant vous baisiez les semelles, comme moi, vous allait au nombril!—Oh! nous ne sommes plus au temps où le soudard primait dans le monde et calottait le citoyen, au temps où l’on ôtait sa pipe devant un recru en sentinelle.—Vous vous battrez avec moi!
—Vous le voulez, je me battrai; c’est-à-dire, traduction littérale, je vous tuerai.
—Qui sait? ce sont les mauvais barbiers qui balafrent.—A demain matin; quel rendez-vous? Boulogne ou Montmartre?