—Va donc lui demander, Olivares, à lui, qui passe pour sorcier, ce que fait Maria en ce moment.
—Ami! ne mettons pas le doigt entre le marteau et l’enclume.
La danse reprit; Vésalius réinvita Amalia de Cardenas, qui fit une plaisante moue, et lui riait au dos.
La mariée n’était plus au salon, ni la cape brune au vestiaire, et, dans un corridor obscur, on entendait des pas et ceci:
—Couvre-toi de cette cape, Maria, vite, partons!
—Alderan, je ne puis.
—Moi, te laisser la proie de ce Vésalius? non pas, tu m’appartiens! En mon absence tu me trahis, je l’apprends, j’arrive en hâte, ce matin même, je me mêle à la fête, je te tiens seule, à l’écart, et je te dis partons, et tu refuserais? Oh! non pas, Maria, tu t’abuses! viens; il est temps encore, romps ce lien ignominieux, nous serons heureux: je serai tout à toi, à toi seule et pour toujours! Viens, Maria!...
—Alderan, ma famille m’a imposé ce joug, je le subirai. Mais, tu seras toujours mon amant! je serai toujours ton amante! Qu’importe cet homme? qu’est-ce? un valet de plus, une tenture qui voilera notre mystérieux amour. Laisse-moi, laisse-moi, adieu!
—Ainsi, tu ne veux pas, Maria, c’est bien! va te salir à cet homme! Accomplis ta volonté, j’accomplirai la mienne; va!... Et, la repoussant de ses bras, elle s’enfuit brusquement de la galerie au salon.
Alderan resta comme abîmé quelques instans; il blasphémait, il heurtait du pied, puis, subitement, il disparut dans la profondeur.