—Et moi, Majesté, je vous hais.

—Rien n’est si près de l’amour que la haine.

—Grâce, grâce, Sire! épargnez-moi!... Mais que faut-il vous dire?... Peut-être m’exprimé-je mal? Mes paroles sont peut-être de perfides truchemans? Je ne sais pas votre langage; je suis une pauvre étrangère. Oh! si vous compreniez la langue de ma patrie, je vous dirois de ces choses si bonnes et si douces que vous seriez attendri; mais vous êtes féroce comme un sourd qui frappe sans entendre les cris de sa victime.

—Allons, soyez plus raisonnable. La résistance est vaine, ma mignonne, et ne fait que m’embraser.—Vous finiriez par me rendre brutal!

—Majesté! ah! c’est mal de frapper et de tordre ainsi une veuve débile, une mère souffrante!—Grâce! grâce! à deux genoux, mon Roi!—Grâce! grâce! Oh! vous n’êtes pas chevalier!...

Voilà donc ce que c’est qu’un représentant de Dieu sur la terre! mon âme se révolte et ma raison s’intervertit.—Roi, vous êtes infâme! malheur sur vous et sur votre race! abomination!

—Ah! vous faites la Romaine, je me vengerai de vous, Lucrèce!

—Tarquin! quelqu’un me vengera!

—Qui?