—Bien, bien, Fitz; vous me rendrez grâce plus tard. Écrivez; je reviendrai dans un instant chercher vos lettres. Eh bien! Patrick, allons donc, mon ami; que faites-vous là; allons donc.... Les secondes sont comptées.

—Merci, M. de Guyonnet, répliqua Patrick froidement.—Vous êtes généreux, vous; mais cette femme ne l’est pas. J’aurois la certitude d’obtenir ma délivrance, que je ne voudrois pas la lui demander. Je suis juste, pur, innocent; le crime m’a chargé de chaînes: quand mes chaînes tomberont, je louerai Dieu! mais la vertu n’a point de jointures pour se ployer devant le crime.—Allez, monsieur, mon corps et mon cœur savent souffrir; ma bouche ne dira jamais grâce.

—Vous êtes un fou, mon ami.

—Peut-être; mais, pour certain, je ne suis point un lâche.

—Laissez-le, M. le lieutenant; qu’importe, je parlerai pour deux.

—Non, Fitz; je te le défends.

Ne faites pas à votre frère ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît. Un jour tu as demandé grâce pour moi, et tu m’as tiré de la Bastille; aujourd’hui, moi, je veux m’acquitter de cette dette, je veux prier pour toi, je veux te sauver; je veux t’arracher du Donjon. Frère, je le veux; frère, j’en ai le droit.