L’horloge sonne; écoutons: déjà deux heures. Le temps nous presse, Patrick, hâtons-nous de nous occuper de notre fuite: vous le savez, c’est notre dernière entrevue. Quand partirons-nous?

—Je suis prêt et tout à vos désirs: quand vous voudrez; dans huit jours, plus tôt même.

—Nous partirons la nuit, pour plus de sûreté.

—A minuit: voulez-vous?

—Patrick, une bonne pensée me vient! Maintenant que nous allons être espionnés rigoureusement, nous ne saurions prendre trop de soin pour ne point faire échouer notre entreprise à l’instant de l’exécution; le quinze de ce mois est l’anniversaire de la naissance de mon père; ce jour-là le château est tout en fête: comme tu sais, il y a grande affluence d’étrangers: les domestiques ont de l’occupation à en perdre la tête: la surveillance sur nous sera impossible. Je pourrai à mon aise dresser mes préparatifs. Le soir, il est d’usage de servir un grand souper à toute la noblesse de la contrée.... Prenons ce moment pour notre fuite, elle sera sûre: dans la foule on me perdra de vue, et nous serons déjà loin sur la route quand on s’appercevra seulement de mon absence.

—Bien, Debby, très-bien! merveilleusement pensé.

—Ainsi, Phadruig, le quinze de ce mois, à neuf heures précises, trouve-toi à l’entrée du parc: j’y serai.

—Oui, à l’entrée du parc, au pied de la terrasse, dans le chemin des saules.

—Cela est entendu?