VIII.
Une semaine s’étoit écoulée depuis leur dernière entrevue dans le parc; et, chaque jour, Déborah n’avoit pas manqué de diriger sa promenade vers le Saule-creux du Torrent, où, vainement, elle avoit déterré et ouvert un petit coffret d’acier, dépositaire habituel de leurs messages. Ce silence de Patrick l’auroit jetée dans une grande inquiétude, si, du haut de la Tour de l’Est, elle ne l’avoit apperçu plusieurs fois dirigeant sa charrue dans les terres en labour de la plaine.
Le 10, en approchant du saule, son cœur tressaillit de joie: la terre, à l’endroit du coffret, étoit fraîchement remuée; Patrick venoit d’y déposer ce billet.
«J’admire votre silence; et j’en tire bon augure: les bavards ne sont pas gents d’honneur. Si jamais on publioit votre correspondance, elle seroit certainement authentique.»
Le 11, Déborah confia au coffret cette lettre.
«Si vous admirez votre silence, moi, j’admire votre épigramme; et je trouve, dans ses monologues, votre esprit trop sévère envers lui-même.