XV.

Quand le ciel étoit serein, ils sortoient, ils s’en alloient prier dans quelque église qu’ils ne connoissoient point encore, ou visiter quelque monument, quelque musée, quelque promenoir: ils se plaisoient surtout à parcourir les environs de Paris, leurs bois, leurs palais, leurs châteaux.

Un jour, comme ils entroient dans le jardin des Tuileries, ils furent apperçus par M. de Gave de Villepastour, le colonel de Patrick, qui se promenoit sur la terrasse des Gardes.

—Quel heureux mortel que ce Fitz-Whyte! manger du pain des dieux!... Le voyez-vous passer là-bas,—dit-il à Fitz-Harris, qui se trouvoit auprès de lui,—avec cette corbeille de fleurs au bras?

—Quelle corbeille, mon colonel?

—Quelle corbeille?... lourdaud!... Cette Égérie! cette Dryade qui l’accompagne toujours. Vous devez savoir, sans doute, Fitz-Harris, vous qui êtes son Pylade, quelle est cette nymphe aux cheveux d’ébène.

—Aux cheveux d’ébène?... Mon colonel, le signalement n’est pas très-positif: la famille des ébénacées est très-nombreuse; les naturalistes, mon colonel, distinguent l’ébénier, l’ébénoxyle, le plaqueminier, le paralée, le royen,..... et de plus, mon colonel, l’ébène rouge, l’ébène verte, l’ébène grise, l’ébène noire, l’ébène blanche. Entendons-nous, la nymphe a-t-elle des cheveux d’ébénier, d’ébénoxile, de plaqueminier, de paralée ou de royen? la nymphe a-t-elle les cheveux rouges, verts, gris, noirs, ou blancs?

—Fitz-Harris, vous faites à pure perte le mauvais plaisant: vous postulez sans doute la place de fou de la Cour? mais, depuis la mort de l’Angely, et du stupide Maranzac, bouffon de feu monseigneur, fils de Louis XIV, l’économat des folies est supprimé.