[Footnote 209: «Rodulfus rex … pacem facit cum Karolo …» Ann., a. 928, in fine.]

[Footnote 210: Flod., Ann., a. 929; Hist. Francor. Senon. (M.G. h., Scr., IX, 366) dont dérivent Richard le Poitevin et Orderic Vital; Hugues de Flavigny, Necrol. (ibid., VIII, 287); Folcuin, Gesta abbat. Sith., c. 102 (ibid., XIII, 626), donne la date du 16 septembre. Richer (I, 56): «Karolus post haec tedio et angore deficiens, in machronosiam decidit, humoribusque noxiis vexatus, post multum languorem vita privatus est»; Confin. Regin., a. 925 (Scr., I, 616); Ann. Blandin., Lohiens., Elnon. min., a. 924 (Scr., V, 24, II, 210, V, 19); Aimoin, Miracula S. Bened., II, 5 (éd. de Certain, p. 104), dont dérivent Hugues de Fleury et la Chronique de Saint-Bénigne de Dijon; Chron. Turonense (éd. Salmon, Recueil des chroniques de Touraine, p. 110); Sigebert de Gembloux, Chrori., a. 926 (Scr., VI, 347). Cf. J. Dournel, Hist. gén. de Péronne (1879, in-8), p. 35; Eustache de Sachy, Essais sur l'hist. de Péronne (Paris, 1866, in-8), p. 39-40, et Eckel, p. 134.]

[Footnote 211: Cartulaire du monastère de Gerri, fol. 37, n° 516 (Bibl. nat., Coll. Moreau, vol. V, fol. 75-77). Chron. Nemausense (M.G.h., Scr., III, 219): «Post cujus [Karoli] obitum fuerunt anni septem sine legitimo rege, in quibus regnavit Rodulfus.»]

[Footnote 212: Cartulaire de l'abbaye de Conques, éd. G. Desjardins, nos 6, 91, 200, 208,291.]

CHAPITRE V

LA LUTTE CONTRE HERBERT DE VERMANDOIS APRÈS LA MORT DE CHARLES LE SIMPLE.

Boson venait à peine de se remettre avec Henri Ier que déjà il était mêlé à de nouvelles intrigues. L'abbesse de Chelles, Rohaut, tante de Charles le Simple et belle-mère de Hugues le Grand, mourut le 22 mars 925[213]. C'était déjà à l'occasion de son abbaye, on s'en souvient, que Robert et Hugues s'étaient soulevés contre Haganon en 922. Boson, sans doute d'accord avec son frère Raoul, s'empara tout à coup de ce riche monastère tant convoité, avec toutes ses dépendances, pour faire pièce à Hugues. Il était assez naturel que Raoul pût donner un fief à son frère alors que Hugues le contraignait à en céder un à Herbert. Mais Hugues ne transigeait pas aussi facilement sur ses droits que sur ceux des autres: immédiatement il réclama la restitution de Chelles, et Herbert, son allié, en prit prétexte pour mettre la main sur la principale place forte de Boson, le château de Vitry-en-Perthois. Un armistice fut conclu jusqu'à la fin de mai, puis transformé en paix définitive sur l'intervention du roi de Germanie. L'entreprise de Boson aboutissait, en dernière analyse, à une nouvelle ingérence étrangère en France, défavorable au prestige de Raoul[214].

Hugues et Herbert, de retour d'une conférence avec le roi Henri, allèrent assiéger Montreuil, afin de soumettre le comte Héloin qui affectait des allures d'indépendance. Ils le contraignirent à livrer des otages. Mais bientôt leur union se trouva compromise par le passage d'Héloin au parti de Hugues. Herbert s'en dédommagea en attirant dans son camp Heudoin, vassal de Hugues[215].

Les Normands de la Loire étaient demeurés dans un calme relatif depuis 925. Au commencement de l'année 930, ils envahirent de nouveau l'Aquitaine, pillèrent la Saintonge, l'Angoumois, le Périgord, et pénétrèrent jusqu'en Limousin[216]. Raoul se porta au secours de sujets qui lui étaient fidèles depuis le début de son règne. Il atteignit les pillards au lieu dit Ad Destricios et les anéantit presque totalement[217]. La victoire eut un aussi grand retentissement que jadis celle de Louis III à Saucourt, et, comme il arrive souvent, ce succès en engendra un autre: une partie des Aquitains (les comtes d'Auvergne, de Toulouse et de Rouergue) qui avaient pu juger de l'efficacité de l'intervention royale, firent leur soumission. Cette bataille devint légendaire dans le pays. C'est à elle qu'on rattache les exploits du comte d'Angoulême Guillaume Taillefer[218], et Aimoin y fait allusion lorsqu'il félicite Raoul d'avoir rendu la paix au pays par son triomphe sur les Normands[219].

La défaite normande fut suivie du retour des moines dans leurs couvents. Ceux de Charroux revinrent d'Angoulême où ils avaient cherché refuge. Les reliques de saint Genoul furent rapportées à Estrées, celles de saint Benoît à Saint-Benoît-sur-Loire, qui avait échappé à Rögnvald[220].