Charles le Simple témoignait aussi des égards à Raoul en souvenir de son père, dont il avait â maintes reprises éprouvé le loyalisme. Il semble même qu'en prescrivant à l'abbé de Saint-Martial de Limoges, Étienne (élu en 920), d'élever deux fortes tours pour résister à Guillaume d'Aquitaine, il prenait ouvertement le parti de Raoul[34].

Robert l'emporta néanmoins, car dans sa lutte contre Charles, nous voyons Hugues le Noir, frère du roi Raoul, lui amener des recrues bourguignonnes pour coopérer avec les forces des grands vassaux à la lutte contre les troupes royales. Toutefois, après l'armistice intervenu à la fin de l'année 922, les Bourguignons s'étaient définitivement retirés[35].

Pour bien comprendre leur rentrée en scène et finalement l'élection de Raoul comme roi, il est nécessaire de jeter un coup d'oeil rapide en arrière et de se rappeler l'état politique de la France à cette époque, ainsi que les principaux événements qui venaient de marquer le règne de Charles le Simple.

FOOTNOTES:

[Footnote 9: Favre, Eudes, p. 78, 95-96, 147, 156, 161, 165, 192.]

[Footnote 10: Ann. Vedast., a. 898.]

[Footnote 11: Il l'appelle son «très cher» (admodum dilectus), son «très fidèle», le «conseil et l'auxiliaire de son royaume» (regni et consilium et juvamen). Pélicier, Cartul. du chapitre de l'église cathédrale de Châlons-sur-Marne, p. 31; Recueil des historiens de France, IX, 523, 536.]

[Footnote 12: Ann. Vedast., a. 900.]

[Footnote 13: Recueil des historiens de France, IX, p. 495-499.]

[Footnote 14: Ibid., p. 499. Eckel, p.68.]