Les finales en -al et en -el notamment sont très nombreuses et n’offrent point d’exceptions[631].
Les finales en -eul, -ol et -oil n’en ont pas davantage[632].
Parmi les finales en -oul et -ul, il faut excepter pou(ls) et soû(l), qu’on écrit aussi saoul très mal à propos, et cu(l), avec ses composés gratte-cu(l), torche-cu(l), cu(l)-blanc, cu(l)-de-jatte, cu(l)-de-bouteille, cu(l)-de-sac, cu(l)-de-lampe, cu(l)-de-poule, etc.[633].
Les finales en -ail, -eil, -euil, et -ouil (y compris œil et les mots en -cueil et -gueil) ont un l mouillé par l’i: émail, corail, soleil, pareil, deuil, fauteuil, accueil, orgueil, fenouil, etc.[634]. Rail seul se prononce quelquefois rèl à l’anglaise[635].
Restent les finales en -il après une consonne, qui appellent quelques observations.
D’abord le pronom il. Ce mot avait amui son l depuis le XVIᵉ siècle, sauf en liaison, bien entendu. C’est un phénomène assez curieux qu’à cette époque on écrivait a-il et on prononçait ati.
Ni le XVIIᵉ siècle, ni le XVIIIᵉ n’ont rétabli cet l dans la prononciation courante, et le XVIIIᵉ siècle n’a cherché à le rétablir que dans le discours soutenu. Restaut reconnaît qu’il ne se prononce pas ailleurs. Depuis Domergue, les grammairiens veulent qu’on le prononce partout; mais dans l’usage courant et familier: où va-t-i(l), i(l) vient s’entendent presque uniquement à côté de il a. L’enseignement seul maintient cet l dans la lecture et dans le langage soigné.
Les autres mots en -il se divisaient autrefois en deux catégories: les mots à l simple et les mots à l mouillé.
I.—Les mots à l simple ont gardé leur l dans la prononciation ou l’ont repris s’ils l’avaient perdu. Ce sont: l’adjectif numéral mil; des adjectifs venus d’adjectifs latins en -ilis, puéril, viril, volatil, subtil, bissextil, vil, civil; le vieux pronom cil; des substantifs également venus du latin: fil (avec profil et morfil), sil, exil, pistil; et quelques mots étrangers, anil, toril, alguazil, avec béryl[636].
II.—Les mots à l mouillé, d’origines variées ou inconnues, se sont au contraire tous altérés. Car autrefois l’l final unique se mouillait fort bien[637]; mais cette prononciation a disparu progressivement, soit par l’affaiblissement du son mouillé, qui a amené la chute de la consonne, soit par changement de l’l mouillé en l simple[638]. Cette seconde catégorie se divise donc elle-même en deux groupes: