2º Le groupe QU.
Dans le corps des mots, le q est toujours séparé de la voyelle qui sonne par un u, qui, en principe, ne s’entend pas[713]. Devant e et i, notamment, le c étant devenu sifflant devant ces voyelles, le rôle de la gutturale est régulièrement dévolu au groupe qu, la lettre k étant peu française: éq(u)erre, q(u)estion, q(u)itter, et toutes les finales en -que.
Autrefois on adoucissait cette gutturale, comme le g, devant e et i, au point qu’on arrivait à le mouiller, et Domergue distingue nettement entre qu’il et tranquille. Cet usage n’est plus apprécié aujourd’hui, et on fera bien de l’éviter, comme pour le g[714].
De toute façon, l’u qui suit le q ne se prononce pas plus en français devant e et i que devant a et o. Toutefois, il y a encore un certain nombre de mots plus ou moins savants tirés du latin, et le plus souvent d’origine récente, où il se prononce (jamais pourtant devant un e muet); il fait alors fonction de semi-voyelle.
I. Devant E.—L’u se conserve devant e dans déliquescence, liquéfier et liquéfaction—à côté de liq(u)ide et liq(u)eur—, questeur et questure, et équestre[715].
Mais ce dernier mot est bien près de passer à ékestre, comme ont fait avant lui éq(u)erre et séq(u)estre, et tant d’autres, y compris q(u)érimonie et q(u)ercitron. D’autre part, likéfier est employé plus ou moins depuis deux siècles, et même, à l’origine, l’Académie ne connaissait pas d’autre prononciation. Enfin kesteur est loin d’être rare.
Opposons-nous à ces prononciations fautives, mais soyons bien convaincus que qué est destiné à devenir ké partout, un jour ou l’autre[716].
II. Devant I.—L’u se conserve mieux dans -qui- et -quin- que dans -que-, sans doute parce que les exemples en sont restés plus nombreux.
Il est vrai qu’il ne se prononce pas non plus dans quelques mots plus ou moins savants, comme q(u)iproquo, jusq(u)iame ou aq(u)ilon, ni même dans aq(u)ilin ou sq(u)irre, ni dans une partie des mots commençant par équi-, ni dans les finales -quin et -quine, qui sont francisées jusque dans basq(u)ine ou race éq(u)ine.
En revanche, on prononce l’u: