4º Parmi les mots commençant par cor-, on ne prononce qu’un r dans co(r)ridor, co(r)riger ou inco(r)rigible, co(r)royer et co(r)roi, ordinairement aussi dans co(r)respondre et ses dérivés et dans co(r)rompre. Mais ces derniers mots sont déjà atteints depuis longtemps, surtout dans le participe cor-rompu, et l’on entend généralement deux r dans tous les mots où figure le radical corrupt-; de même dans ceux où figure le radical correct- (avec cor-régidor), en outre dans cor-rélatif, cor-roborer, cor-roder ou cor-rosif. D’autre part, on dit fréquemment hor-reur, hor-rible et abhor-rer, par emphase, comme ter-reur et ter-rible, et toujours hor-ripiler. On dit aussi tor-réfier et tor-ride; et tor-rentiel réagit parfois même sur tor-rent. Je ne parle pas de mots tels que bor-raginées ou por-rection. On notera que l’r reste pourtant simple, même dans des mots savants comme hémo(r)ragie ou hémo(r)roïdes.
5º Après ou, l’r simple se maintient: cou(r)roie, cou(r)rier, cou(r)roux, pou(r)rir. Encore cou(r)roucé n’est-il pas intact[738].
6º L’r simple se maintient aussi tant bien que mal, plus mal que bien, dans résu(r)rection; plus mal encore dans insu(r)rection, presque plus dans concur-rent et ses dérivés. On dit naturellement scur-rile, sur-rénal et vase mur-rhin[739].
S
1º L’S final.
A la fin des mots, en principe, l’s ne se prononce plus en français depuis fort longtemps. Pour l’s du pluriel, notamment, il n’y a pas d’exceptions[740].
Les exceptions sont, au contraire, assez nombreuses pour l’s qui n’est pas la marque du pluriel, et alors il a toujours le son dur ou sourd.
1º Après un a, il y a très peu d’exceptions dans les mots proprement français. Je n’en vois même que deux: l’une pour le monosyllabe as, terme de jeu, et par suite ambesas: la prononciation a(s) est purement dialectale; l’autre pour les interjections las, hélas, qui n’en font qu’une. Quant à atlas, stras, hypocras, ce sont en réalité des noms propres.
Les autres exceptions sont des mots grecs, latins ou étrangers: Deo gratias, per fas et nefas, habeas corpus, pancréas, lias et trias, flint glas, christmas, papas, lépas, upas, lampas (s’humecter le), madras, abraxas, alcarazas, vasistas, ou le provençal mas[741].
On hésite aujourd’hui pour vindas, autrefois guindas, d’ailleurs peu usité; mais on ne prononce plus l’s, ni dans les noms d’étoffes, jacona(s), lampa(s), ginga(s) ou dama(s), celui-ci malgré l’étymologie; ni dans balandra(s), sassafra(s), matra(s) ou tétra(s), ni enfin dans pampa(s), où l’s n’est que la marque du pluriel, dans un mot d’ailleurs francisé[742].