[84] Mᵐᵉ Dupuis fermait l’a même dans bascule, bastonnade et martyr, malgré les deux consonnes qui le suivent.

[85] Ou Majorque. Pour majorité, majorat ou majuscule, la question ne se pose même pas.

[86] L’a est fermé dans Janus, mais non dans anus, ni dans lapis (lazuli), et c’est très incorrectement qu’on le ferme dans pater ou même ad patres. Il serait aussi correct de faire certains a longs et fermés, comme en latin, dans quelques expressions latines souvent citées: audaces fortuna juvat, auri sacra fames, bella matribus detestata, delenda Carthago, dignus intrare, ense et aratro, errare humanum est, facit indignatio versum, genus irritabile vatum, in cauda venenum, irreparabile tempus, manu militari, mens sana in corpore sano, mirabile visu, nil admirari, profanum vulgus, o fortunatos, peccavi, persona grata, pro aris et focis, qualis pater, quantum mutatus, rara avis, si vis pacem, ultima ratio, vade retro, vanitas vanitatum; mais non dans panem et circenses, dont on allonge souvent l’a mal à propos.

[87] Et aussi dans Mahdi, Fahrenheit ou Hahnemann, comme dans Hahn, à cause de l’h. Il l’est aussi dans les noms propres étrangers où les deux a n’en font qu’un: Aarhus, Aalborg, Boerhaave, Saadi, Saale, Saalfed, Saardam, Saavedra, etc.; mais Saadi est devenu chez nous le prénom Sadi, avec a bref. On sépare les a dans A-ar, Ra-ab ou Nausica-a. Dans les noms hébreux, Ba-al, Isa-ac, Bala-am, Abra-ham, on sépare aussi aujourd’hui les a, mais au XVIᵉ siècle on les contractait volontiers, et on a continué à le faire pour Aaron, surtout les poètes, notamment Racine, quoiqu’il scande Ba-al, et aussi V. Hugo, qui écrit de préférence Aron. Pour a suivi de en, voir aux nasales.

[88] Je ne crois pas que la nasalisation du premier a soit due, comme le veut l’abbé Rousselot, à l’influence des deux m qui enferment l’a, sans quoi on devrait dire aussi man-mour ou man-melle. C’est plutôt ce phénomène de répétition de syllabes identiques qui a produit tant de mots enfantins, comme bobo, lolo, etc., et même pépée pour poupée.

[89] Nous retrouverons ces mots au chapitre des nasales, avec quelques autres où figure l’a.

[90] Livre Iᵉʳ, fable 1. Voir aussi fable 13 du livre Iᵉʳ, fables 9 et 10 du livre V, et ailleurs.

[91] L’Académie ne voit d’ailleurs rien de choquant à prononcer d’une part outeron, et d’autre part a-outer. L’abbé Rousselot et le Dictionnaire général sont d’accord pour ou, et il n’y a pas lieu de distinguer entre (a)oût, (a)oûter et (a)oûteron. A-ou ne paraît s’être maintenu constamment que dans le prénom Ra-oul, d’allure aristocratique et peu populaire, et dans un mot relativement récent, ca-outchouc; mais cette association est si peu naturelle en français qu’on entend parfois a-ou se réduire à ou même dans ce mot, ou bien au contraire se séparer par un yod: cayoutchouc.

[92] Le Dictionnaire général donne a-oriste.

[93] A-o n’a pu se maintenir ailleurs dans le français pur qu’au moyen d’un h: cahot, Cahors; mais l’a est tombé dans S(a)ône et Curaç(a)o: il serait si simple de ne pas l’y écrire. Les autres mots qui conservent a-o sont savants ou étrangers; a-orte, caca-o, cha-os, ka-olin, Bilba-o, La-os, etc. L’a était tombé et a revécu dans A-oste, comme dans a-oriste.