Il en est de même des diphtongues œ et æ: œsophage, œdème, œcuménique, œnophile, ærarium, ad vitam æternam, etc.[193]. Toutefois on ferme œ dans fœtus ou cœcum, æ dans ex æquo ou æquo animo.

6º L’E des mots étrangers.

Dans les mots étrangers, l’e intérieur, aussi bien que l’e final, n’a pas d’accent aigu dans les cas où nous en mettrions un; mais il se prononce comme s’il l’avait, surtout s’il porte l’accent tonique. Ainsi l’e est à demi ouvert dans impresario ou mezzo, dans brasero, romancero, torero, et aussi dans event, revolver, remember; il est même fermé dans peseta; mais il est muet dans record, qui est complètement francisé, si bien qu’il ne se prononce même pas dans recordman, qui est manifestement étranger[194]. D’autre part, quand l’e intérieur est atone, il est souvent presque muet, surtout en allemand[195].

L’o germanique surmonté d’un tréma se prononce eu en allemand et aussi en suédois. L’œ, par lequel nous le représentons, faute de caractère typographique spécial[196], se francise quelquefois en é dans certains noms propres[197]. D’autres fois, mais rarement, il se décompose en o-ë[198]. Mais le plus souvent il garde le son germanique eu, comme dans fœhn[199].

Dans beaucoup de mots étrangers, surtout allemands, l’e ne sert qu’à allonger l’i qui le précède, comme dans lied, mot savant qui a pu garder sa prononciation originale lîd[200].

L’e double germanique n’est qu’un e fermé long[201].

L’e double anglais, final ou non, se prononce encore i, par exemple dans meeting, sleeping, queen, spleen, keepsake, yankee, pedigree, street, speech ou steeple[202]. Cet i est long; mais nous l’abrégeons souvent, notamment dans keepsake, parce que nous déplaçons l’accent[203].

7º Les groupes AI (ay) et EI (ey).

Ai ou ei, ainsi que ay ou ey, se prononcent généralement comme è ouvert[204].

I. AI final.Ai final, sans consonne, était jadis fermé comme é. Il ne l’est plus guère aujourd’hui que dans j’ai, mais non pas dans ai-je, qui suit l’analogie des mots en -ège.