Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai.

Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de 10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 pouces ½.

Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit déjà, presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières:

A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb, pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur elles-mêmes par plusieurs amarrages plats.

On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer et de recouvrir en basane à ce point.

Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse.

Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau, tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles les étais viennent se raidir.

On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; c'est-à-dire que chaque œillet de la paire de babord, au lieu de reposer sur l'œillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité suffisante le diamètre de l'œillet du capelage. Cette installation réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître le gréement plus léger.

Capelage du Mât de Misaine.