le comte.

Comme l'anglais, le fond de la langue!

figaro.

Oui, s'il y avait de quoi se vanter. Mais feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend; surtout de pouvoir au-delà de ses forces; avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point; s'enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux; jouer bien ou mal un personnage; répandre des espions et pensionner des traîtres; amolir des cachets; intercepter des lettres; et tâcher d'anoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets: voilà toute la politique, ou je meure!

le comte.

Eh! c'est l'intrigue que tu définis!

figaro.

La politique, l'intrigue, volontiers; mais comme je les crois un peu germaines, en fasse qui voudra. J'aime mieux ma mie au gué, comme dit la chanson du bon roi.

le comte à part.

Il veut rester. J'entends... Suzanne m'a trahi.