SUSANNE, donne mes diamans?
(Susanne va les chercher.)
BÉGEARSS, affectant de la dignité.
Madame, et vous Mademoiselle, je vous laisse avec cet ami; je confirme d'avance tout ce qu'il va vous dire. Hélas! ne pensez point au bonheur que j'aurais de vous appartenir à tous; votre repos doit seul vous occuper. Je n'y veux concourir que sous la forme que vous adopterez: mais, soit que Mademoiselle accepte ou non mes offres, recevez ma déclaration, que toute la fortune dont je viens d'hériter lui est destinée de ma part, dans un contrat, ou par un testament; je vais en faire dresser les actes: Mademoiselle choisira. Après ce que je viens de dire, il ne conviendrait pas que ma présence ici gênât un parti qu'elle doit prendre en toute liberté: mais, quel qu'il soit, ô mes amis, sachez qu'il est sacré pour moi: je l'adopte sans restriction. (Il salue profondément et sort.)
SCÈNE VII.
LA COMTESSE, LÉON, FLORESTINE.
LA COMTESSE le regarde aller.
C'EST un ange envoyé du ciel pour réparer tous nos malheurs.
LÉON, avec une douleur ardente.
O Florestine! il faut céder: ne pouvant être l'un à l'autre, nos premiers élans de douleur nous avaient fait jurer de n'être jamais à personne; j'accomplirai ce serment pour nous deux. Ce n'est pas tout-à-fait vous perdre, puisque je retrouve une sœur où j'espérais posséder une épouse. Nous pourrons encore nous aimer.