LA COMTESSE.

Je l'ai tenté souvent, mon fils, mais sans aucun fruit apparent.

LÉON.

O ma digne mère! c'est votre douceur qui m'a nui. La crainte de le contrarier vous a trop empêché d'user de la juste influence que vous donnent votre vertu et le respect profond dont vous êtes entourée. Si vous lui parliez avec force, il ne vous résisterait pas.

LA COMTESSE.

Vous le croyez, mon fils? je vais l'essayer devant vous. Vos reproches m'affligent presqu'autant que son injustice. Mais, pour que vous ne gêniez pas le bien que je dirai de vous, mettez-vous dans mon cabinet; vous m'entendrez, de-là, plaider une cause si juste: vous n'accuserez plus une mère de manquer d'énergie, quand il faut défendre son fils! (Elle sonne.) Florestine, la décence ne te permet pas de rester: vas t'enfermer; demande au ciel qu'il m'accorde quelque succès, et rende enfin la paix à ma famille désolée.

(Florestine sort.)

SCÈNE X.

SUSANNE, LA COMTESSE, LÉON.

SUSANNE.