LA COMTESSE.

VOUS allez voir, mon fils, si votre mère est faible en défendant vos intérêts! Mais laissez-moi me recueillir, me préparer, par la prière, à cet important plaidoyer.

(Léon entre au cabinet de sa mère.)

SCÈNE XII.

LA COMTESSE, seule, un genou sur son fauteuil.

CE moment me semble terrible, comme le jugement dernier! Mon sang est prêt à s'arrêter... O mon Dieu! donnez-moi la force de frapper au cœur d'un époux? (Plus bas.) Vous seul connaissez les motifs qui m'ont toujours fermé la bouche! Ah! s'il ne s'agissait du bonheur de mon fils; vous savez, ô mon Dieu! si j'oserais dire un seul mot pour moi! Mais enfin, s'il est vrai qu'une faute pleurée vingt ans, ait obtenu de vous un pardon généreux, comme un sage ami m'en assure: ô mon Dieu! donnez-moi la force de frapper au cœur d'un époux!

SCÈNE XIII.

LA COMTESSE, LE COMTE, LÉON caché.

LE COMTE, sèchement.

MADAME, on dit que vous me demandez?