O Figaro!.... Madame, il a raison.
LÉON, très-vîte.
Dieux! Maman! quel espoir!
FLORESTINE, au Comte.
Eh quoi! Monsieur, n'êtes-vous plus....
LE COMTE, ivre de joie.
Mes enfans, nous y reviendrons; et nous consulterons, sous des noms supposés, des gens de loi, discrets, éclairés, pleins d'honneur. O mes enfans! il vient un âge où les honnêtes gens se pardonnent leurs torts, leurs anciennes foiblesses! font succéder un doux attachement aux passions orageuses qui les avaient trop désunis. Rosine! (c'est le nom que votre époux vous rend.) allons nous reposer des fatigues de la journée. Monsieur Fal! restez avec nous. Venez mes deux enfans!—— Susanne, embrasse ton mari! et que nos sujets de querelles soient ensevelis pour toujours! (à Figaro.) Les deux mille louis qu'il avait soustraits, je te les donne, en attendant la récompense qui t'est bien dûe!....
FIGARO, vivement.
A moi, Monsieur? non s'il vous plait; moi, gâter par un vil salaire, le bon service que j'ai fait? ma récompense est de mourir chez vous. Jeune, si j'ai failli souvent; que ce jour acquitte ma vie! O ma vieillesse! pardonne à ma jeunesse, elle s'honorera de toi. Un jour a changé notre état! plus d'oppresseur, d'hypocrite insolent! Chacun a bien fait son devoir: ne plaignons point quelques momens de trouble; on gagne assez dans les familles quand on en expulse un méchant.
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.