Je viens de lire cet écrit. Non! ce n'étaient point là des ingrats ni des monstres; mais de malheureux insensés, comme ils se le disent eux-mêmes....
BÉGEARSS.
Je l'ai présumé comme vous.
LE COMTE se lève et se promène.
Les misérables femmes! en se laissant séduire ne savent guères les maux qu'elles apprêtent..... Elles vont, elles vont..... les affronts s'accumulent.... et le monde injuste et léger accuse un père qui se tait, qui devore en secret ses peines!...... On le taxe de dureté, pour les sentimens qu'il refuse au fruit d'un coupable adultère!.... Nos désordres à nous, ne leur enlèvent presque rien; ne peuvent du moins leur ravir la certitude d'être mères, ce bien inestimable de la maternité! tandis que leur moindre caprice, un goût, une étourderie légère, détruit dans l'homme le bonheur..... le bonheur de toute sa vie, la sécurité d'être père.—— Ah! ce n'est point légèrement qu'on a donné tant d'importance à la fidélité des femmes! Le bien, le mal de la société, sont attachés à leur conduite, le paradis ou l'enfer des familles dépend à-tout-jamais de l'opinion qu'elles ont donné d'elles.
BÉGEARSS.
Calmez-vous; voici votre fille.
SCÈNE III.
FLORESTINE, LE COMTE, BÉGEARSS.
FLORESTINE, un bouquet au côté.