Eh! que peut-on avoir à craindre!
BÉGEARSS, regardant si on peut l'entendre.
(Parlant bas). Je ne soupçonne point Susanne; mais une femme de chambre instruite que vous conservez ces papiers, ne pourrait-elle pas un jour s'en faire un moyen de fortune? un seul remis à votre époux, que peut-être il paierait bien cher, vous plongerait dans des malheurs...
LA COMTESSE.
Non, Susanne a le cœur trop bon.....
BÉGEARSS, d'un ton plus élevé, très-ferme.
Ma respectable amie! vous avez payé votre dette à la tendresse, à la douleur, à vos devoirs de tous les genres; et si vous êtes satisfaire de la conduite d'un ami, j'en veux avoir la récompense. Il faut brûler tous ces papiers; éteindre tous ces souvenirs d'une faute autant expiée! mais, pour ne jamais revenir sur un sujet si douloureux, j'exige que le sacrifice en soit fait dans ce même instant.
LA COMTESSE, tremblante.
Je crois entendre Dieu qui parle! il m'ordonne de l'oublier; de déchirer le crêpe obscur dont sa mort a couvert ma vie. Oui, mon Dieu! je vais obéir à cet ami que vous m'avez donné. (Elle sonne). Ce qu'il exige en votre nom, mon repentir le conseillait; mais ma faiblesse a combattu.
SCÈNE III.