Madame de Saint-Pré.—«Et lequel, je vous prie?

De Montmécourt.—«J'hésite à parler...

Madame de Saint-Pré.—«Ne craignez pas de me blesser; je désire que vous parliez; je vous en conjure, ce remède quel est-il?

De Montmécourt.—«Puisque vous m'y forcez, je vais parler, madame... M. de Valchaumé est encore dans cette maison! (A ces mots, madame de Saint-Pré se trouble, rougit et pâlit tour à tour, circonstance qui n'échappe pas à M. de Montmécourt.) Permettez-moi d'insister sur ce point. Je crois indispensable au repos de votre ménage, et surtout à celui de votre mari, que vous décidiez M. de Valchaumé à partir sur-le-champ.»

Madame de Saint-Pré.—Elle se livre à une longue apologie de M. de Valchaumé: «C'est mon ami, c'est le meilleur, le plus dévoué et le plus utile des amis de mon mari...

M. de Montmécourt.—«Il n'en est pas moins vrai qu'il est, chez vous, une cause de trouble que vous ne sauriez nier; sa présence a causé la maladie et la jalousie de votre mari.

Madame de Saint-Pré.—«Eh bien, s'il en est ainsi, je réduirai à néant les craintes de mon mari en m'éloignant moi-même; je me retirerai dans un couvent.

M. de Montmécourt.—«Ce serait aggraver les choses et exciter davantage encore les soupçons et la colère de M. de Saint-Pré. Croyez-moi, renoncez à ce moyen et suivez le conseil que je vous ai donné.» (Il sort.)

SCÈNE IV.

Mme de Saint-Pré se livre alors à une série interminable de reproches et de récriminations qu'elle s'adresse à elle-même; en proie à ses remords, aux blâmes secrets de sa conscience, elle répand des torrents de larmes. Elle cherche à se réconcilier avec elle-même, et alors, plus calme, elle fait appeler M. de Valchaumé.