Au même instant, j'entendis un éclat de rire.
C'était la petite Tanit-Zerga. Elle se tenait accroupie sur un coussin, près du divan où j'étais moi-même allongé, et surveillait curieusement ma confrontation avec le guépard.
—Hiram-Roi s'ennuyait,—crut-elle bon de m'expliquer.—Je l'ai amené.
—C'est bon,—maugréai-je.—Mais, dis-moi, ne pourrait-il aller s'ennuyer ailleurs?
—Il est tout seul, maintenant,—dit la petite.—On l'a chassé. Il faisait du bruit en jouant.
Ces mots me rappelèrent les événements de la veille.
—Si tu veux, je vais le faire partir,—dit Tanit-Zerga.
—Non, laisse-le.
Je regardai le guépard avec sympathie. Notre commune infortune nous rapprochait.
Je caressai même le front bombé. Hiram-Roi marqua son contentement en s'étirant de toute sa longueur et en exhibant ses énormes griffes d'ambre. La natte du sol eut en cette seconde prodigieusement à souffrir.