—Je suis à la disposition du lieutenant de Saint-Avit,—répondit Morhange en souriant doucement.
La conversation était devenue générale. Les verres et les rires s'entre-choquaient. J'entendais mes camarades se pâmer aux histoires qu'avec une inaltérable bonne humeur ne cessait de leur raconter le nouveau venu. Et moi, jamais, jamais, je ne m'étais senti aussi triste.
L'heure vint de passer à la salle à manger.
—A ma droite, capitaine,—cria le commandant, de plus en plus radieux.—Et j'espère que vous allez continuer à nous en servir de bonnes, sur Paris. Ici, on n'est plus au courant, vous savez.
—A vos ordres, mon commandant,—dit Morhange.
—Asseyez-vous, messieurs.
Les officiers obéirent, dans un brouhaha joyeux de chaises remuées.
Je ne quittai pas des yeux Morhange, toujours debout.
—Mon commandant, messieurs, vous permettez,—dit-il.
Et, avant de prendre place à cette table, où, pas une minute, il ne devait cesser de se montrer le plus gai des convives, à mi-voix, les yeux clos, le capitaine Morhange récita le Benedicite.