Enfin, Sandras de Courtilz donne sur les mœurs privées de Colbert d'autres détails encore plus intimes et dont je lui laisse l'entière responsabilité. Suivant lui, «bien que Colbert déférât beaucoup à sa femme, il ne laissa pas de donner quelque chose à son inclination et il se laissa toucher par les charmes de Françoise de Godet, veuve de Jean Gravay, sieur de Launay. Cette dame avait la taille avantageuse, le port majestueux, etc., etc. Colbert l'introduisit chez la reine et chez le cardinal Mazarin, avec qui il la faisait jouer, et il lui fit épouser Antoine de Brouilly, marquis de Pierre, chevalier des ordres et gouverneur de Pignerol... Colbert rendit aussi ses soins à Marguerite Vanel, femme de Jean Coiffier, maître des comptes, jeune personne, petite, mais toute mignonne, et de qui l'esprit était enjoué et brillant. Il allait souvent souper chez elle, parce qu'il était l'ami particulier de son beau-père et qu'il prenait des leçons de politique du mari au sujet du traité de Munster, dont il savait parfaitement toutes les négociations, ayant été secrétaire de l'ambassade sous Abel de Servien. Mais la coquetterie de cette dame le rebuta bientôt, etc., etc.» (Vie de J.-B. Colbert.)
[207] Arch. curieuses de l'hist. de France, IIe série, t. VIII; Portraits de la Cour, p. 411.
[208] En 1675, après la mort de Turenne, on nomma huit maréchaux de France parmi lesquels figuraient MM. d'Estrades, de Navailles, de Duras, de Lafeuillade, etc., etc. Madame Cornuel dit de cette promotion que c'était la monnaie de M. de Turenne. (Abrégé chronologique du président Hénault, année 1675).
[209] Lettre du 24 décembre 1673.
[210] Lettre du 18 novembre 1676.—On trouve l'aventure suivante dans la Vie de J.-B. Colbert, par Sandras de Courtuz. «Le grand accablement des affaires dont il (Colbert) était chargé lui fatiguait tellement l'esprit que, tout sérieux qu'il était, il fit un jour une turlupinade pour se délivrer des importunités d'une femme de grande qualité qui le pressait de lui accorder une chose qu'il ne jugeait pas faisable. Cette dame, voyant qu'elle ne pouvait rien obtenir, se jeta à ses pieds dans la salle d'audience en présence de plus de cent personnes, et comme elle lui disait, fondant en larmes: Je prie Votre Grandeur au nom de Dieu de ne me refuser pas cette grâce, il se mit en même temps à genoux devant elle et lui dit sur le même ton plaintif: Je vous conjure au nom de Dieu, Madame, de me laisser en repos.»
[211] Recueil des arrêtés M. le premier président de Lamoignon, t. I, p. XXVIII de la vie de M. de Lamoignon.
[212] Documents inédits sur l'histoire de France, par M. de Champollion-Figeac, t. III.—Les éditeurs des Œuvres de Louis XIV avaient classé cette lettre à l'année 1673.
[213] Lettre du 13 février 1671.
[214] Œuvres de Louis XIV, t. V. p. 576. La différence entre l'orthographe de cette lettre et de la précédente s'explique par la raison que j'ai donnée dans l'avertissement.—M. de Montespan avait un procès à Paris, et l'on voit par un billet de Colbert au roi, du 24 mat 1678, que le ministre n'avait pas osé prendre sur lui de recommander ce procès à M. de Novion avant d'y être autorisé par Louis XIV.—Enfin, on lit dans les Œuvres de Louis XIV, t. V, p. 533 et 536, des lettres du roi à Colbert dans lesquelles il est dit: «Madame de Montespan m'a mandé que vous lui demandez toujours ce qu'elle désire; continuez à faire ce que je vous ai ordonné là-dessus, comme vous avez fait jusqu'à cette heure, etc., etc.
[215] Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 92.