[309] Il faut tout dire: Colbert ne fut pas toujours d'avis d'accorder aux commerçants une confiance sans limites; le 28 juin 1669, il priait M. de Souzy, intendant à Lille, d'observer «qu'en matière de commerce, il était bien essentiel de ne pas accueillir trop facilement les propositions des marchands, lesquels ne tendent qu'à soulager le commerce particulier sans se soucier du général» (Biblioth. roy., Mss, Registre des despesches, etc., nº 204).
[310] Recueil des règlements, etc., t. II. p. 408.—Statuts et règlements pour la manufacture des serges d'Aumale.
[311] Recueil, etc., etc., t. I, p. 1.
[312] Recueil des règlements, etc., passim. Voyez la table analytique, t. IV.—Encyclopédie méthodique, Finances: article Maîtrises. Cet article très-curieux est de Roland de la Platiere, qui était lui-même inspecteur des manufactures et qui fut ministre pendant la Révolution.
[313] Recueil des règlements, etc., etc., t. III, p. 215 et suiv. Statuts et règlements pour les manufactures de drap de Carcassonne, etc.
[314] Recueil des règlements, etc., t. I, p. 283.
[315] Dictionnaire portatif du Commerce, contenant l'origine historique de toutes les communautés d'arts et métiers, l'abrégé de leurs statuts, etc. 1 vol. Paris, 1777.—Voir aussi dans la Collection des anciennes lois françaises, à la date du mois de mars 1673, un édit portant que ceux qui font profession de commerce, denrées ou arts, qui ne sont d'aucune communauté et jurande, seront établis en corps, communauté, et qu'il leur sera accordé des statuts.
[316] Recueil des règlements, etc. Instruction aux commis des manufactures, t. 1, p. 65.
[317] Des anciens règlements et privilèges, par M. Renouord; Journal des Éconimistes, t. VI. Août 1843.—Un grand nombre de ces largesses n'eurent, au surplus, que des résultats négatifs. En Bourgogne, par exemple, vainement les États alléguèrent que «la province estant propre à la culture des terres et au vignoble, il estoit plus utile pour elle d'avoir force laboureurs et vignerons que des artisans, et que l'établissement des manufactures, pour estre de grands frais, seroit difficile et sans utilité.» Colbert exigea à plusieurs reprises des allocations de 30 à 50,000 livres pour soutenir les nouvelles manufactures. (Une Province sous Louis XIV, p. 192 et 193.) On établit donc, là et ailleurs, à grands frais, des fabriques de draps, de serges, etc. Mais dès qu'on les abandonna à elles-mêmes, ces fabriques tombèrent, et il n'en fut bientôt plus question.
[318] De 1661 à 1710 seulement, les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie ont coûté au trésor 3,945,643 livres. (Eckard, État au vrai des dépenses de Louis XIV.) Le même document porte à 1,707,148 livres les dépenses pour manufactures établies en plusieurs villes. Les encouragements au commerce et manufactures figurent pour 500,000 livres par an sur la plupart des budgets des dépenses qui se rattachent à l'administration de Colbert. (Forbonnais, Recherches sur les finances.)—Au surplus, Colbert ne se dissimulait pas le mauvais coté des encouragements. Voici ce qu'il disait à ce sujet. «Il faut observer que les marchands ne s'appliquent jamais à surmonter par leur propre industrie les difficultés qu'ils rencontrent dans le commerce, tant qu'ils espèrent trouver des moyens plus faciles par l'autorité du Roy, et c'est pour cela qu'ils y ont recours, pour tirer quelque avantage de toute manière, en faisant craindre le dépérissement entier de leur manufacture.» (Arch. de la mar., Registre des despesches, année 1671; lettre du 2 octobre à l'intendant du Languedoc.)