[563] Soupirs de la France esclave, etc. XIe mémoire.
[564] Œuvres de Louis XIV, passim t. III, p. 412.—On comprend après cela que Louis XIV ait pu dire le mot célèbre qui lui a été si souvent reproché: l'État, c'est moi. Voici, au surplus, sur cette personnification absolue, exclusive, de l'État dans la Royauté, à cette époque, un nouveau et très-curieux passage des Soupirs de la France esclave; «Autrefois l'État entroit partout; on ne parloit que des intérêts de l'État, de la conservation de l'État, du service de l'État. Aujourd'huy parler ainsi seroit au pied de la lettre un crime de lèze-majesté. Le Roi a pris la place de l'État. C'est le service du Roi, c'est l'intérêt du Roi. C'est la conservation des provinces et des biens du Roi. Et ce ne sont pas seulement des paroles et des termes, ce sont des réalitez. On ne connoist plus à la cour de France d'autre intérêt que l'intérêt personnel du Roi, c'est-à-dire, sa grandeur et sa gloire. C'est l'idole à laquelle on sacrifie les princes, les grands, les petits, les maisons, les provinces, les villes, les finances et généralement tout. Ce n'est donc pas pour le bien de l'État que se font ces horribles exactions, car d'État il n'y en a plus. Ce n'est pas non plus pour les besoins de l'État. Car jamais la France n'en a eu moins excepté depuis quelques mois. Depuis trente ans, elle n'a eu d'ennemis que ceux qu'elle s'est faits de gayeté de cœur (XIe Mémoire).
[565] Ibidem.
[566] Mémoires de Charles Perrault, liv. IV.
[567] On me permettra de rappeler ces vers du sonnet que le poëte Hénault lui avait adressé après la condamnation de Fouquet:
Sa chute quelque jour te peut être commune;
Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune;
Nul ne tombe innocent d'où l'on te voit monté...
[568] Œuvres de Lemontey, t. V: Notice sur Colbert. Lemontey est le seul auteur qui parle de ce plan, et il n'indique pas son autorité.
[569] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1772.
[570] Vie de J.-B. Colbert, etc., année 1680.—La Fontaine, poëme sur le quinquina.
[571] M. Montyon donne pour preuve de cette sévérité de Louvois la lettre suivante que ce ministre écrivit à M. de Ménars, beau-frère de Colbert et intendant de Paris: «Je Vois, par votre dernière lettre, que les fusils de la milice ont coûté 18 francs; faites mettre en prison celui qui les a vendus, car ils n'en valent que 15.» (Particularités sur les ministres des finances, etc.) Cette lettre dénote en effet un administrateur intègre et sévère; mais n'y avait-il pas là-dessous quelque rancune contre Colbert?