TIRCIS.
De telles trahisons lui sont trop en horreur.
PHILANDRE.
Je te veux par pitié tirer de cette erreur. 830
Tantôt, sans y penser, j'ai trouvé cette lettre;
Tiens, vois ce que tu peux désormais t'en promettre.
LETTRE SUPPOSÉE DE MÉLITE A PHILANDRE.
Je commence à m'estimer quelque chose, puisque je vous plais; et mon miroir m'offense tous les jours, ne me représentant pas assez belle, comme je m'imagine qu'il faut être pour mériter votre affection. Aussi je veux bien que vous sachiez que Mélite ne croit la posséder que par faveur[642], ou comme une récompense extraordinaire d'un excès d'amour, dont elle tâche de suppléer au défaut des grâces, que le ciel lui a refusées.
PHILANDRE
Maintenant qu'en dis-tu? n'est-ce pas t'affronter[643]?
TIRCIS.
Cette lettre en tes mains ne peut m'épouvanter.