ÉRASTE.
Tout confus et honteux de tant de courtoisie,
Je veux dorénavant chérir ma jalousie,
Et puisque c'est de là que vos félicités....
LA NOURRICE, à Éraste.
Quittez ces compliments qu'ils n'ont pas mérités: 1750
Ils ont tous deux leur compte, et sur cette assurance
Ils tiennent le passé dans quelque indifférence[812],
N'osant se hasarder à des ressentiments
Qui donneroient du trouble à leurs contentements.
Mais Cloris, qui s'en tait, vous la gardera bonne, 1755
Et seule intéressée, à ce que je soupçonne,
Saura bien se venger sur vous à l'avenir
D'un amant échappé qu'elle pensoit tenir.
ÉRASTE, à Cloris.
Si vous pouviez souffrir qu'en votre bonne grâce
Celui qui l'en tira pût occuper sa place[813], 1760
Éraste, qu'un pardon purge de son forfait[814],
Est prêt de réparer le tort qu'il vous a fait.
Mélite répondra de ma persévérance:
Je n'ai pu la quitter qu'en perdant l'espérance;
Encore avez-vous vu mon amour irrité 1765
Mettre tout en usage en cette extrémité;
Et c'est avec raison que ma flamme contrainte
De réduire ses feux dans une amitié sainte,
Mes amoureux desirs, vers elle superflus[815]
Tournent vers la beauté qu'elle chérit le (ajouté à la main) plus. 1770
TIRCIS.
Que t'en semble, ma sœur?
CLORIS.
Mais toi-même, mon frère?