FLORIDAN.

Mon déplaisir m'en donne une entière licence.
J'en veux, comme le Roi, faire autant à mon tour;
Et puisqu'en sa faveur on prévient mon retour,
Il est trop criminel. Mais que viens-je d'entendre[1155]? 1285
Je me tiens presque sûr de sauver mon Clitandre;
La chasse n'est pas loin, où prenant un cheval,
Je préviendrai le coup de son malheur fatal;
Il suffit de Cléon[1156] pour ramener Dorise.
Vous autres, gardez bien de lâcher votre prise; 1290
Un supplice l'attend, qui doit faire trembler
Quiconque désormais voudroit lui ressembler.

FIN DU QUATRIÈME ACTE.

ACTE V.

SCÈNE PREMIÈRE.

FLORIDAN, CLITANDRE, un Prévôt, CLÉON.

FLORIDAN, parlant au prévôt[1157].

Dites vous-même au Roi qu'une telle innocence[1158]
Légitime en ce point ma désobéissance,
Et qu'un homme sans crime avoit bien mérité 1295
Que j'usasse pour lui de quelque autorité.
Je vous suis. Cependant, que mon heur est extrême,
Ami, que je chéris à l'égal de moi-même[1159],
D'avoir su justement venir à ton secours
Lorsqu'un infâme glaive alloit trancher tes jours, 1300
Et qu'un injuste sort, ne trouvant point d'obstacle,
Apprêtoit de ta tête un indigne spectacle!