ALCANDRE.

Tu ne veux plus songer qu'à ce jour à venir
Où Rosidor guéri termine un hyménée[1216].
Clitandre, en attendant cette heureuse journée,
Tâchera d'allumer en son âme des feux
Pour celle que mon fils desire, et que je veux; 1620
A qui, pour réparer sa faute criminelle,
Je défends désormais de se montrer cruelle;
Et nous verrons alors cueillir en même jour[1217]
A deux couples d'amants les fruits de leur amour.

FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.

COMPLÉMENT

DES VARIANTES.

956 [De gêne qui te puisse à mon gré tourmenter.]
Sus d'ongles et de dents! PYM. Et que voulez-vous faire?
Dorise, arrêtez-vous. DOR. Je me veux satisfaire[1218],
Te déchirant le cœur[1219]. PYM. Vouloir ainsi ma mort!
Il faudroit paravant que j'en fusse d'accord,
Et que ma patience aidât votre foiblesse.
Que d'heur! je tiens ici captive ma maîtresse.
(Il lui prend les mains et les lui baise.)[1220]
Elle reçoit mes lois, et je puis disposer
De ses mains qu'à mon aise on me laisse baiser.
DOR. Cieux cruels! ainsi donc votre injustice avoue
Qu'un perfide plus fort de ma fureur se joue,
Et contre ce brigand votre inique rigueur
Me donne un tel courage, et si peu de vigueur.
Ah sort injurieux! maudite destinée!
Malheurs trop redoublés! détestable journée!
PYM. Enfin vos cris aigus nous pourroient déceler:
Voici tout proche un lieu plus commode à parler;
Belle Dorise, entrons dedans cette caverne,
Qu'un peu plus à loisir Pymante vous gouverne.
DOR. Que plutôt ce moment puisse achever mes jours!
PYMANTE. (Il l'enlève dans la caverne.)[1221]
Non, non, il faut venir. DOR. A la force, au secours!

SCÈNE VI[1222].

LYSARQUE, CLÉON.