Et lors?
LA NOURRICE.
Je te réponds de ce que tu chéris.
Cependant continue à caresser Doris;
Que son frère, ébloui par cette accorte feinte[1299], 125
De nos prétentions n'ait ni soupçon ni crainte[1300].
ALCIDON.
A m'en ouïr conter, l'amour de Céladon[1301]
N'eut jamais rien d'égal à celui d'Alcidon:
Tu rirois trop de voir comme je la cajole.
LA NOURRICE.
Et la dupe qu'elle est croit tout sur ta parole? 130
ALCIDON.
Cette jeune étourdie est si folle de moi,
Quelle prend chaque mot pour article de foi;
Et son frère, pipé du fard de mon langage,
Qui croit que je soupire après son mariage,
Pensant bien m'obliger, m'en parle tous les jours; 135
Mais quand il en vient là, je sais bien mes détours;
Tantôt, vu l'amitié qui tous deux nous assemble,
J'attendrai son hymen pour être heureux ensemble;
Tantôt il faut du temps pour le consentement
D'un oncle dont j'espère un haut avancement[1302]; 140
Tantôt je sais trouver quelque autre bagatelle.
LA NOURRICE.