Je viens après mon fils vous rendre une assurance
De la part que je prends en votre délivrance;
Et mon cœur tout à vous ne sauroit endurer[1586] 1845
Que mes humbles devoirs osent se différer.

CLARICE, à Chrysante.

N'usez point de ce mot vers celle dont l'envie
Est de vous obéir le reste de sa vie,
Que son retour rend moins à soi-même qu'à vous.
Ce brave cavalier accepté pour époux, 1850
C'est à moi désormais, entrant dans sa famille,
A vous rendre un devoir de servante et de fille;
Heureuse mille fois, si le peu que je vaux[1587]
Ne vous empêche point d'excuser mes défauts,
Et si votre bonté d'un tel choix se contente! 1855

CHRYSANTE, à Clarice.

Dans ce bien excessif qui passe mon attente,
Je soupçonne mes sens d'une infidélité,
Tant ma raison s'oppose à ma crédulité[1588].
Surprise que je suis d'une telle merveille,
Mon esprit tout confus doute encor si je veille[1589]; 1860
Mon âme en est ravie, et ces ravissements
M'ôtent la liberté de tous remercîments.

DORIS, à Clarice.

Souffrez qu'en ce bonheur mon zèle m'enhardisse[1590]
A vous offrir, Madame, un fidèle service.

CLARICE, à Doris.

Et moi, sans compliment qui vous farde mon cœur, 1865
Je vous offre et demande une amitié de sœur.

PHILISTE, à Célidan.