«Cependant vous pourrez trouuer quelque chose d'étrange, etc.»
Dans l'édition de 1668, l'avis commence de même que dans celle de 1664; mais les mots: «Vous pourrez trouver, etc.,» viennent immédiatement après les derniers mots de la seconde phrase: «les autres à douze;» et la phrase intermédiaire est omise.
[204-a] Il s'agit ici de l'édition de 1660. Les deux premiers volumes contiennent huit pièces chacun, comme le dit Corneille, mais le troisième n'en renferme que sept: Rodogune, Héraclius, Andromède, Don Sanche d'Arragon, Nicomède, Pertharite et Œdipe.
[204-b] Ces deux pièces avaient été représentées en 1662 et en 1663.
[204-c] Cette dernière pièce a été représentée à Fontainebleau à la fin de juillet 1664, et l'achevé d'imprimer du Ier volume de l'édition de 1664 porte la date du 15 août.
[205] On a prétendu, mais à tort, que Ramus avait proposé le premier de distinguer dans l'impression l'i du j et l'u du v. Il faut remonter au moins jusqu'à Meigret, qui a dit en 1550 dans le Tretté de la grammere francoeze: «Rest'encores j consonante a laqell ie done double proporcion de celle qi et voyelle, e lui rens sa puissanc' en mon écritture.» (Folio 14 recto.) «Ao regard de l'u consonante, ell'aoroet bien bezoin d'etre diuersifiée, attendu qe qant deus uu s'entresuyuet aveq qelq'aotre voyelle nou' pouuons prononcer l'un pour l'aotre.» (Folio 12 verso.) On voit, du reste, que Meigret, qui pourtant ne manquait pas de hardiesse, se borne à proposer cette distinction sans la mettre lui-même en pratique.
Les imprimeurs hollandais furent les premiers à l'établir. Elle est déjà très-nettement observée dans l'Argenis de Barclay imprimée en 1630 par les Elzévirs; les majuscules seules font exception. Quelques imprimeurs des confins de la France ne tardèrent pas à suivre cet exemple. Les Zetzner, de Strasbourg, introduisirent l'U rond et le J consonne dans les lettres capitales. On trouve déjà ces caractères dans le volume intitulé: Clavis artis Lullianæ.... opera et studio Johannis Henrici Alstedl, Argentorati, sumptibus heredum Lazari Zetzneri, 1633. Cependant il faut convenir que dans le texte courant on rencontre de temps à autre quelques infractions à la règle.
[206] Ce projet a failli être officiellement adopté. On trouve des renseignements à ce sujet dans les Observations de l'Académie françoise touchant l'orthographe, conservées au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale, dont j'ai donné l'analyse dans l'Ami de la religion du 31 mai 1860.
Ces Observations, rédigées par Mézeray, furent soumises en 1673 à l'examen de plusieurs académiciens, dont la liste se trouve en tête du volume. Corneille y figure, toutefois on ne rencontre dans ce manuscrit aucune note de lui; mais, dans son travail préparatoire, Mézeray avait rappelé en ces termes l'innovation introduite par l'illustre poëte: «Mr. de Corneille a proposé que pour faire connoistre quand l'S est muette dans les mots où qu'elle sifle, il seroit bon de mettre une S ronde aux endroits où elle sifle, comme à chaste, triste, reste, et une ſ43; longue aux endroits où elle est muette, soit qu'elle fasse longue la voyelle qui la précède, comme en tempeſte, feſte, teſte, etc., soit qu'elle ne la fasse pas, comme en eſcu, eſpine, deſdire, eſpurer, etc.»
«L'usage en seroit bon, objecte Segrais, mais l'innovation en est dangereuse.»