SCÈNE VIII.
PLEIRANTE, CHRYSANTE, LYSANDRE, DORIMANT, CÉLIDÉE, HIPPOLYTE[333], FLORICE.
DORIMANT, à Chrysante.
Madame, un pauvre amant, captif de cette belle,
Implore le pouvoir que vous avez sur elle:
Tenant ses volontés, vous gouvernez mon sort;1755
J'attends de votre bouche ou la vie ou la mort.
CHRYSANTE, à Dorimant.
Un homme tel que vous, et de votre naissance,
Ne peut avoir besoin d'implorer ma puissance[334].
Si vous avez gagné ses inclinations,
Soyez sûr du succès de vos affections;1760
Mais je ne suis pas femme à forcer son courage;
Je sais ce que la force est en un mariage.
Il me souvient encor de tous mes déplaisirs
Lorsqu'un premier hymen contraignit mes desirs;
Et sage à mes dépens, je veux bien qu'Hippolyte1765
Prenne ou laisse, à son choix, un homme de mérite.
Ainsi présumez tout de mon consentement,
Mais ne prétendez rien de mon commandement.
DORIMANT, à Hippolyte.
Après un tel aveu serez-vous inhumaine[335]?
HIPPOLYTE, à Chrysante.
Madame, un mot de vous me mettroit hors de peine.
Ce que vous remettez à mon choix d'accorder,
Vous feriez beaucoup mieux de me le commander.