NÉRINE.
Fuyez encor, de grâce.
MÉDÉE.
Oui, je fuirai, Nérine,
Mais avant de Créon on verra la ruine.
Je brave la fortune; et toute sa rigueur,
En m'ôtant un mari, ne m'ôte pas le cœur[993];340
Sois seulement fidèle, et, sans te mettre en peine,
Laisse agir pleinement mon savoir et ma haine.
NÉRINE, seule[994].
Madame.... Elle me quitte au lieu de m'écouter[995].
Ces violents transports la vont précipiter:
D'une trop juste ardeur l'inexorable envie[996]345
Lui fait abandonner le souci de sa vie.
Tâchons, encore un coup, d'en divertir le cours.
Apaiser sa fureur, c'est conserver ses jours.
FIN DU PREMIER ACTE.