SCÈNE II.

GÉRONTE.

Qu'à présent la jeunesse a d'étranges manies!
Les règles du devoir lui sont des tyrannies,
Et les droits les plus saints deviennent impuissants675
Contre cette fierté qui l'attache à son sens[1330]
Telle est l'humeur du sexe: il aime à contredire,
Rejette obstinément le joug de notre empire,
Ne suit que son caprice en ses affections,
Et n'est jamais d'accord de nos élections.680
N'espère pas pourtant, aveugle et sans cervelle,
Que ma prudence cède à ton esprit rebelle.
Mais ce fou viendra-t-il toujours m'embarrasser?
Par force ou par adresse il me le faut chasser.


SCÈNE III.

GÉRONTE, MATAMORE, CLINDOR.

MATAMORE, à Clindor.

Ne doit-on pas avoir pitié de ma fortune[1331]?685
Le grand vizir encor de nouveau m'importune;
Le Tartare, d'ailleurs, m'appelle à son secours;
Narsingue et Calicut[1332] m'en pressent tous les jours:
Si je ne les refuse, il me faut mettre en quatre.

CLINDOR.